Les rosiéristes de la Côte-d’Azur par Jean Pradestang (1935)
Au tout premier rang des rosieristes de la Côte-d’Azur – et même du
monde entier – brille le nom de Gilbert NABONNAND. Il débuta chez un horticulteur à Vienne, fit un séjour chez Guillot, à Lyon et dans différents Etablissements, s’établit ensuite à Sorgues (Vaucluse) et, en 1858, a Avignon, ou il se spécialisa dans la culture des rosiers. En 1864, Lord Brougham and Vaux l’ayant fait venir sur la Côte-d’Azur, il créa au Golfe-Juan un établissement horticole qui ne tarda pas à prendre un très grand développement. Cannes n’était alors qu’une petite bourgade sans importance, mais la présence de Lord Brougham y attira un grand nombre d’Anglais qui s’adressèrent à Gilbert Nabonnand pour la création ou l’embellissement de leurs propriétés. Les planes exotiques étaient alors presque inconnues sur la Côte-d’Azur et les palmiers n’étaient guère représentés que par le palmier-dattier. G. NABONNAND comprit tout le parti que l’on pouvait tirer du climat privilégié de cette région et importa ou acclimata des centaines d’arbres et de plantes que nous pouvons encore admirer aujourd’hui dans les anciennes propriétés qui, hélas, sont en voie de disparition. Le botaniste B. CHABAUD dans son livre « Les jardins de la Côte-d’Azur », nous a donne une description des pépinières :
CHABAUD n'a cite qu'une faible partie des végétaux de ce véritable jardin botanique qui renfermait également de nombreux arbres fruitiers exotiques : Avocatiers, Goyaviers, Kakis, de nombreuses Mimosées, qui ont fait la fortune de beaucoup de cultivateurs, des Eucalyptus varies, des Fougères, etc., etc.
Si les hybridations de G. Nabonnand dans tous les domaines sont innombrables, les rosiers furent incontestablement ses plantes préférées et bien qu'il n'ait mis au commerce qu'environ 200 variétés, c'est par milliers que se chiffrent ses obtentions. Parmi celles encore cultivées actuellement et dont la vigueur et la floribondité sont remarquables, citons tout spécialement:
Nous arrêtons la cette énumération incomplète, mais nous croyons pouvoir affirmer qu'aucun rosiériste n'a actuellement un si grand nombre d'obtentions encore cultivées. Le rôle joue par G. NABONNAND dans le développement horticole de la Côte-d’Azur a été considérable, non seulement au point de vue de la culture des plantes nouvelles, mais encore en ce qui concerne la formation professionnelle de nombreux ouvriers. Plus tard, ils se sont établis a leur compte et ont contribue au développement de la culture du rosier.
Aussi modeste que savant, Gilbert NABONNAND n'a jamais recherché la gloire et les honneurs et si son nom est inséparable de l'histoire de la Rose, il le doit uniquement à la valeur de ses obtentions. Ses deux fils, Paul et Clément, qui furent ses collaborateurs de la première heure ont poursuivi son oeuvre. Paul NABONNAND a obtenu de nombreux hybrides dans tous les domaines, mimosas, palmiers, orangers, etc... Ses hybrides de R. Gigantea :
sont remarquables par leur vigueur, leur floribondité et leur résistance aux maladies. Il est regrettable qu'il n'ait pas poursuivi ses recherches en vue d'obtenir des hybrides de R. Gigantea buissonnants, car il nous aurait certainement dote d'une nouvelle race vigoureuse dont nous avons tant besoin, mais ses obtentions seront précieuses pour les recherches futures. Mentionnons parmi les variétés éditées pas Paul et Clément NABONNAND :
220 Grands Prix ou médailles obtenus aux Expositions ont récompensés les efforts des NABONNAND pour nous doter de variétés de Rosiers convenant pour tous les climats, mais particulièrement a celui de la Côte-d’Azur et des régions tropicales.
Les Rosiéristes, groupes principalement dans la région d'Antibes, sont assez nombreux, mais ils sont, en général, spécialisés dans la production ou le forçage. Mentionnons pourtant parmi les obtenteurs: MARI, de Nice, qui obtint en 1901 une bonne variété : Madame Antoine Mari ; BUSBY, jardinier de lord Brougham, obtenteur de trois hybride de R. Gigantea et un amateur de Nice, M. PERNY qui, entre 1850 et 1900 obtint un certain nombre de variétés. Il serait injuste de ne pas citer le nom d'Alphonse KARR qui, nous croyons, fut le premier à envoyer à Paris les roses de Nice et contribua ainsi au développement de l'horticulture méridionale, dont le chiffre d'affaires se chiffre par millions. Notes [1] En fait le 20 Mai 1828 [JJ].
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